Bienvenue au Chapitre de France de The Society of Traditional Old Catholics ….. Prions pour tous les Chrétiens persécutés de par le monde pour leur Foi en Jésus-Christ.

vendredi 9 janvier 2026

Intime avec Dieu.

 


Il y a si longtemps que je suis avec vous, Philippe, et tu ne me connais pas (Jean 14 :9).

Ce n’est pas une réprimande, pas même l’expression d’un étonnement. Jésus fait l’éducation de Philippe. L’intimité avec Jésus est la plus longue à conquérir. Avant la Pentecôte, Jésus, pour ses disciples, était Celui grâce auquel ils pouvaient vaincre les démons et réveiller les âmes endormies. (Luc 20, 18 à 20.) Ils avaient déjà avec lui une intimité précieuse, mais il y en avait une autre, bien plus profonde, qui devait venir : « Je vous ai appelés mes amis. » La véritable amitié est rare sur la terre. Elle implique l’union parfaite, dans la pensée, dans le cœur, dans l’esprit. La vie tout entière est une discipline qui doit nous permettre de réaliser cette union intime avec Jésus-Christ. Nous recevons ses bienfaits, nous connaissons Sa parole, mais Lui, le connaissons-nous ?

« Il est avantageux pour vous que je m’en aille. » Jésus veut dire qu’il pourra mieux les faire pénétrer dans son intimité. Jésus se réjouit quand un de ses disciples s’applique à conquérir son amitié. C’est grâce à elle seule que nous pouvons porter du fruit. (Jean 15)

Une fois parvenus à cette intimité, il n’y a plus pour nous de solitude. Notre cœur sait toujours où trouver de la sympathie, Nous avons toujours de quoi parler aux autres, sans user d’aucun artifice. Celui qui possède l’intimité de Jésus ne laissera jamais d’autre impression de lui-même, sinon que Jésus est là, sans rien qui lui fasse obstacle; car Jésus a satisfait toutes les profondeurs de son âme. Une telle vie, c’est l’équilibre puissant, c’est la merveilleuse sérénité que notre Seigneur communique à ses intimes.



samedi 3 janvier 2026

Suivre jésus-Christ.

 

Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? (Jean 13 :37).

A certains moments, vous ne comprenez pas ce qui vous empêche d’agir selon votre volonté. Si Dieu vous met ainsi dans une impasse, n’essayez pas d’aller plus loin, attendez. Il veut peut-être vous apprendre la sanctification ou vous enseigner le service. Ne courez jamais plus vite que Dieu ne le veut. Si vous avez un doute au sujet de sa volonté, arrêtez-vous.

Il arrive que vous voyiez tout de suite clairement la volonté de Dieu pour vous, le renoncement à telle amitié, à telle relation d’affaires. Mais, n’agissez pas sur une impulsion inconsidérée : vous pourriez vous mettre dans une situation bien difficile à redresser. Attendez que Dieu vous ouvre la voie et Il le fera sans heurts, sans rancœurs inutiles. Attendez qu’Il agisse.

Pierre n’a pas su attendre. Il a voulu prévoir l’épreuve de sa foi, et l’épreuve est venue alors qu’il ne l’attendait pas. « Je donnerai ma vie pour toi », avait-il dit. Naïve inconscience... « Le coq ne chantera pas, lui répliqua Jésus, que tu ne m’aies renié trois fois. » Jésus connaissait Pierre, mieux que Pierre lui-même. Il ne pouvait suivre Jésus, parce qu’il ne savait pas ce dont il était capable. Un attrait instinctif pour la personne de Jésus ne suffit pas à faire de nous ses disciples. Tôt ou tard, un tel attrait aboutit au reniement.



dimanche 21 décembre 2025

Message de Noël 2025.

 



Chers frères et sœurs, Chers amis,


 Depuis plus de deux mille ans, nous faisons écho au chant des Anges apparus à Bethléem à la naissance de l’Enfant Jésus : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes qu’il aime ! " (Luc 7 :14).
 Mais quel sens et quelle portée revêtent aujourd’hui cette louange à Dieu et cette bénédiction à l’adresse des hommes ? En ce premier quart de siècle du 21ème siècle et du troisième millénaire, quel sens et quelle portée revêtent-elles pour nous qui sommes témoins de la violence qui continue d’enténébrer et d’endeuiller la terre ? Non seulement la violence qui se manifeste sous forme de réaction individuelle incontrôlée, mais surtout cette violence est planifiée à large échelle et à longue échéance : je veux dire le terrorisme et la guerre.
 Aujourd’hui et plus que jamais, à Bethléem même où le Christ est né, dans les contrées de Judée, de Samarie et de Galilée qui ont constitué l’environnement de son existence terrestre, le terrorisme et la guerre arrachent à la vie des hommes et des femmes à la fleur de l’âge, comme des vieillards.
Aujourd’hui, les mêmes pleurs, les mêmes complaintes continuent de déchirer les coeurs dans le monde entier. La violence planifiée et entretenue continue d’allonger sa liste de victimes innocentes.
 Que pouvaient signifier alors la louange et la bénédiction chantées par les Anges, il y a deux mille ans : " Gloire à Dieu et paix aux hommes" ? Que pouvait signifier la bonne nouvelle de la naissance du Sauveur, qu’ils ont annoncée aux Bergers de Bethléem, et qui avait suscité en ces pauvres marginalisés une espérance et un enthousiasme qu’ils ne pouvaient s’empêcher de communiquer ?
 Le message des Anges de Bethléem n’aurait été que pure tromperie, s’il annonçait la gloire de Dieu et la paix des hommes comme des fruits spontanés de la naissance de Jésus Christ. Ce message fait naître au contraire, à travers les siècles et partout sur terre, une espérance sans bornes, si la gloire et la paix annoncées sont accueillies comme une oeuvre humaine et divine, qui débute avec la naissance de l’Enfant de Bethléem, prend forme avec sa vie et son action sur terre, et se confirme de siècle en siècle.
 C’est déjà le message que délivrait le Prophète Isaïe, huit siècles auparavant : " Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière… Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné." " Prince de la paix", il sera établi sur le droit et la justice, et il exercera le pouvoir pour l’avènement de la paix, ne poursuivant pour seul but que le bien du peuple.
 Saint Paul fait écho au prophète dans le passage de sa Lettre à Tite. Le Christ est né sur terre pour nous sauver par le don total de soi, et pour faire surgir à partir de lui-même une humanité nouvelle, un peuple de fils de Dieu passionnés pour le bien et la justice, pour le respect et l’amour de tout être, même le plus faible et le plus petit ; un peuple d’hommes et de femmes qui rejettent le mal et engagent le combat contre les passions.
 C’est ce peuple des enfants de Dieu qui a pour mission de poursuivre et parachever l’oeuvre grandiose de Jésus Christ, Prince de la Paix. Les Pères du Concile Vatican II nous ont rappelé la voie à suivre : " Il ne sert à rien de vouloir bâtir la paix aussi longtemps que des sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, des haines raciales et des partis pris idéologiques séparent les hommes et les dressent les uns contre les autres. "
 Nous reconnaissons bien là les sources de la violence qui produit le terrorisme et la guerre. Aussi les Pères conciliaires poursuivent-ils : " Nous devons tous changer notre coeur, en considérant le monde entier, ainsi que les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour l’amélioration de notre humanité. "
 Gloire à Dieu et paix aux hommes !". C’est le programme lancé à Noël : programme pour l’Enfant de Bethléem, programme pour les hommes et les femmes qui, à travers les siècles et dans tous les pays, croiront en lui et s’engageront à prendre part à sa Mission de Sauveur. Comme lui et en lui, avec l’assistance de son Esprit Saint, ils ont à construire la paix pour les hommes et pour la plus grande gloire de Dieu. Ils le feront avant tout en extirpant les causes de discorde et de division entre les hommes, à commencer par les injustices, les inégalités, l’esprit de domination et les autres passions égoïstes.
 C’est l’oeuvre de la justice, et non la simple absence de guerre ou l’équilibre des forces, " la paix n’est jamais acquise une fois pour toutes : elle est sans cesse à construire" par le respect des autres hommes et peuples, ainsi que de leur dignité, par l’amour qui se fait fraternité et solidarité.
 Nous avons dressé des crèches dans nos églises et nos maisons. Prenons le temps de les visiter, pour rendre hommage à l’Enfant de Bethléem, avec Marie sa mère, saint Joseph et les Bergers.
 Accueillons les enseignements de sa faiblesse et de son dénuement. Tout faible et fragile, il nous invite à rejeter la violence, pour cultiver le respect et la délicatesse envers tout être humain, même le plus petit. Tout démuni, et vénéré seulement par des gens tout aussi démunis, il nous invite à ne pas nous enfermer sur nous-mêmes, préoccupés de nos seuls droits et intérêts, dévorés par l’appât du gain, et par nos ambitions dominatrices, mais à cultiver l’attention aux besoins et aux attentes des autres, la solidarité et l’amour fraternel entre tous les hommes et tous les peuples.
 Nous qui célébrons Noël, de quelque pays, de quelque continent que nous soyons, ne restons pas indifférents à l’appel de l’Enfant de Bethléem. Accueillons son invitation à faire partie de l’humanité nouvelle inaugurée par sa naissance, pour nous engager dans la construction persévérante d’un monde de justice, d’amour et de paix, sur toute la face de la terre, et pour la plus grande gloire de Dieu. Amen !

+Serge Burglé, Supérieur du Chapitre de France.


mercredi 17 décembre 2025

Message du 4ème Dimanche de l'Avent.

 


Dans quelques jours, nous allons fêter Noël. La liturgie de ce dimanche est remplie de cette joie à venir. Bien sûr, les textes bibliques ne se réjouissent pas du réveillon qu’on va préparer ni des cadeaux que l’on sait cachés quelque part dans la maison. Notre joie, c’est plutôt celle d’une famille qui attend « un heureux événement. » Cet événement ce n’est pas seulement la naissance d’un petit enfant, c’est la venue de Dieu sur terre. Nous nous réjouissons particulièrement en relisant l’évangile de la Visitation qui est un mystère joyeux par excellence.

Rappelons-nous : Marie vient de dire « oui » au projet de Dieu qui lui a été transmis par l’ange Gabriel. Plus que jamais, elle est la Servante du Seigneur. Aussitôt, elle se lève et elle se met en route pour aller auprès de sa cousine Elisabeth devenue enceinte du futur Jean Baptiste. En toute hâte, elle va parcourir environ 150 kilomètres. Elle n’est pas préoccupée de sa propre fatigue. Elle sent qu’Elisabeth a besoin d’elle sur le plan matériel, psychologique et spirituel. Il lui faut bien sûr une aide ménagère mais aussi un être pour communier avec elle au mystérieux bonheur de la vie.

La Vierge Marie n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle court toujours vers nous et Jésus est en elle ou à ses côtés. Bien sûr, nous ne sommes pas Elisabeth et Marie n’est pas notre cousine. Elle est bien plus puisqu’elle est notre mère. C’est Jésus qui l’a voulu ainsi quand il était sur la croix. La Vierge Marie est venue dans notre vie. Elle vient toujours comme pour Elisabeth. C’est avec elle que nous nous préparons à vivre un vrai Noël et à accueillir le Christ Sauveur dans notre vie.

La raison d’être de Marie, sa vocation, c’est son Fils. Elle ne vit que pour le donner au monde. A l’approche de Noël, elle est là pour nous inviter à l’accueillir, lui donner la première place dans notre vie et faire « tout ce qu’il nous dira. » Avec lui, c’est la joie, c’est l’amour qui entrent dans notre vie. Il est celui qui vient « nous rendre espoir et nous sauver. » Il veut habiter le cœur des hommes. Alors oui, soyons dans la joie et l’allégresse.

Ils sont nombreux dans notre monde ceux et celles qui vont fêter Noël sans penser à cette bonne nouvelle. Tout est prévu, le sapin, les décorations, les cadeaux, le réveillon, mais on oublie Celui qui est à l’origine de ces festivités. Certains en viennent même à penser que la religion n’a rien à voir avec la fête de Noël. Alors, comme Marie et avec elle, nous sommes tous appelés à nous mettre en route « rapidement ». Nous sommes envoyés dans ce monde pour y être les témoins et les messagers de l’amour qui est en Dieu.

La visitation, c’est quand une personne vient à nous avec Jésus en elle. Quand l’Amour s’approche de nous, c’est quelque chose d’extraordinaire. La visitation c’est aussi quand nous allons vers l’autre, en particulier vers celui ou celle qui souffre de la solitude, la maladie, la précarité. Nous voulons l’aider mais aussi lui porter ce Dieu Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Et comment ne pas penser à toutes ces personnes qui vont porter l’Eucharistie aux malades ? Elles vivent ce parcours comme Marie dans un cœur à cœur silencieux avec ce Jésus qui est entre leurs mains.

A l’approche de Noël, nous venons puiser auprès de Celui qui est à la source de tout amour et de toute joie. Puis, comme Marie et avec elle, nous sommes envoyés. Ce n’est pas pour demain ou plus tard mais pour aujourd’hui. Elle s’est mise en route « aussitôt » après l’annonce de l’ange. Pour nous aussi, la mission est une priorité absolue qui ne doit pas attendre. Avec Marie, nous apprenons à ouvrir nos yeux, notre cœur et nos mains à toutes les situations de souffrances dans nos familles, nos quartiers, nos villages. C’est avec elle et avec Jésus que nos visites pourront devenir des « visitations. »

A la fin de la messe, nous entendons cette parole : « Allez dans la paix du Christ… ». C’est un envoi en mission. Nous sommes envoyés pour porter la paix à tous ceux et celles que nous rencontrerons sur notre route. Demandons au Seigneur qu’il nous donne de suivre l’exemple de Marie. Avec elle, nous allons porter le Christ aux hommes d’aujourd’hui. Nous allons leur dire la bonne nouvelle de sa présence et de son amour.