Bienvenue au Chapitre de France de The Society of Traditional Old Catholics ….. Prions pour tous les Chrétiens persécutés de par le monde pour leur Foi en Jésus-Christ.
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dimanche 21 décembre 2025

Message de Noël 2025.

 



Chers frères et sœurs, Chers amis,


 Depuis plus de deux mille ans, nous faisons écho au chant des Anges apparus à Bethléem à la naissance de l’Enfant Jésus : " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes qu’il aime ! " (Luc 7 :14).
 Mais quel sens et quelle portée revêtent aujourd’hui cette louange à Dieu et cette bénédiction à l’adresse des hommes ? En ce premier quart de siècle du 21ème siècle et du troisième millénaire, quel sens et quelle portée revêtent-elles pour nous qui sommes témoins de la violence qui continue d’enténébrer et d’endeuiller la terre ? Non seulement la violence qui se manifeste sous forme de réaction individuelle incontrôlée, mais surtout cette violence est planifiée à large échelle et à longue échéance : je veux dire le terrorisme et la guerre.
 Aujourd’hui et plus que jamais, à Bethléem même où le Christ est né, dans les contrées de Judée, de Samarie et de Galilée qui ont constitué l’environnement de son existence terrestre, le terrorisme et la guerre arrachent à la vie des hommes et des femmes à la fleur de l’âge, comme des vieillards.
Aujourd’hui, les mêmes pleurs, les mêmes complaintes continuent de déchirer les coeurs dans le monde entier. La violence planifiée et entretenue continue d’allonger sa liste de victimes innocentes.
 Que pouvaient signifier alors la louange et la bénédiction chantées par les Anges, il y a deux mille ans : " Gloire à Dieu et paix aux hommes" ? Que pouvait signifier la bonne nouvelle de la naissance du Sauveur, qu’ils ont annoncée aux Bergers de Bethléem, et qui avait suscité en ces pauvres marginalisés une espérance et un enthousiasme qu’ils ne pouvaient s’empêcher de communiquer ?
 Le message des Anges de Bethléem n’aurait été que pure tromperie, s’il annonçait la gloire de Dieu et la paix des hommes comme des fruits spontanés de la naissance de Jésus Christ. Ce message fait naître au contraire, à travers les siècles et partout sur terre, une espérance sans bornes, si la gloire et la paix annoncées sont accueillies comme une oeuvre humaine et divine, qui débute avec la naissance de l’Enfant de Bethléem, prend forme avec sa vie et son action sur terre, et se confirme de siècle en siècle.
 C’est déjà le message que délivrait le Prophète Isaïe, huit siècles auparavant : " Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière… Oui ! un enfant nous est né, un fils nous a été donné." " Prince de la paix", il sera établi sur le droit et la justice, et il exercera le pouvoir pour l’avènement de la paix, ne poursuivant pour seul but que le bien du peuple.
 Saint Paul fait écho au prophète dans le passage de sa Lettre à Tite. Le Christ est né sur terre pour nous sauver par le don total de soi, et pour faire surgir à partir de lui-même une humanité nouvelle, un peuple de fils de Dieu passionnés pour le bien et la justice, pour le respect et l’amour de tout être, même le plus faible et le plus petit ; un peuple d’hommes et de femmes qui rejettent le mal et engagent le combat contre les passions.
 C’est ce peuple des enfants de Dieu qui a pour mission de poursuivre et parachever l’oeuvre grandiose de Jésus Christ, Prince de la Paix. Les Pères du Concile Vatican II nous ont rappelé la voie à suivre : " Il ne sert à rien de vouloir bâtir la paix aussi longtemps que des sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, des haines raciales et des partis pris idéologiques séparent les hommes et les dressent les uns contre les autres. "
 Nous reconnaissons bien là les sources de la violence qui produit le terrorisme et la guerre. Aussi les Pères conciliaires poursuivent-ils : " Nous devons tous changer notre coeur, en considérant le monde entier, ainsi que les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour l’amélioration de notre humanité. "
 Gloire à Dieu et paix aux hommes !". C’est le programme lancé à Noël : programme pour l’Enfant de Bethléem, programme pour les hommes et les femmes qui, à travers les siècles et dans tous les pays, croiront en lui et s’engageront à prendre part à sa Mission de Sauveur. Comme lui et en lui, avec l’assistance de son Esprit Saint, ils ont à construire la paix pour les hommes et pour la plus grande gloire de Dieu. Ils le feront avant tout en extirpant les causes de discorde et de division entre les hommes, à commencer par les injustices, les inégalités, l’esprit de domination et les autres passions égoïstes.
 C’est l’oeuvre de la justice, et non la simple absence de guerre ou l’équilibre des forces, " la paix n’est jamais acquise une fois pour toutes : elle est sans cesse à construire" par le respect des autres hommes et peuples, ainsi que de leur dignité, par l’amour qui se fait fraternité et solidarité.
 Nous avons dressé des crèches dans nos églises et nos maisons. Prenons le temps de les visiter, pour rendre hommage à l’Enfant de Bethléem, avec Marie sa mère, saint Joseph et les Bergers.
 Accueillons les enseignements de sa faiblesse et de son dénuement. Tout faible et fragile, il nous invite à rejeter la violence, pour cultiver le respect et la délicatesse envers tout être humain, même le plus petit. Tout démuni, et vénéré seulement par des gens tout aussi démunis, il nous invite à ne pas nous enfermer sur nous-mêmes, préoccupés de nos seuls droits et intérêts, dévorés par l’appât du gain, et par nos ambitions dominatrices, mais à cultiver l’attention aux besoins et aux attentes des autres, la solidarité et l’amour fraternel entre tous les hommes et tous les peuples.
 Nous qui célébrons Noël, de quelque pays, de quelque continent que nous soyons, ne restons pas indifférents à l’appel de l’Enfant de Bethléem. Accueillons son invitation à faire partie de l’humanité nouvelle inaugurée par sa naissance, pour nous engager dans la construction persévérante d’un monde de justice, d’amour et de paix, sur toute la face de la terre, et pour la plus grande gloire de Dieu. Amen !

+Serge Burglé, Supérieur du Chapitre de France.


lundi 23 décembre 2024

Message de Noël 2024.

 


La fête de Noël peut déclencher beaucoup d’émotions, d’élans de tendresse, de bons sentiments de réconciliations inattendues et de paix provisoire. C’est la fête la plus populaire, celle qui, remue le plus de personnes. Aucune date de l’année ne provoque un tel déplacement de familles, de cadeaux, de coutumes religieuses et profanes. Aucune célébration chrétienne n’a suscité autant de cantiques, dans toutes les langues et dans tous les styles musicaux. Aucun événement n’a été aussi souvent représenté par les grands maîtres de la peinture et de la sculpture.

Le jour de Noël, on voit des choses incroyables se passer : des frères et des sœurs se réconcilient, des gens aident les pauvres et les démunis, ils visitent des personnes seules qui sont découragées et qui souffrent de solitude. Les gens tendent la main aux parents délaissés, aux enfants abandonnés… Chacun de nous connaissons de ces exemples qui sont de véritables petits miracles.

Noël semble rappeler à notre monde de guerres, de pollution, de réchauffement, de destruction de la nature… à notre monde de souffrances, de batailles juridiques, de discordes politiques et sociales, qu’il existe une alternative à la haine, à la cupidité, à la corruption, à la violence. La vision d’un monde meilleur existe, et c’est cette vision que Dieu nous invite à célébrer en cette fête de Noël.

La nuit, le froid, la noirceur, le frimas sont des symboles du malheur et de l’injustice. Ce sont des images de nos problèmes familiaux, de nos problèmes de santé, de notre manque de communication, de nos relations frustrées. Célébrer Noël au coeur de la nuit, de la neige et du froid, c’est reconnaître que l’amour et la vie sont plus forts que toutes nos ténèbres et toutes nos méchancetés.

Au cœur de cette nuit de Noël, nous venons refaire le plein d’espérance. Cette fête nous parle de nouvelles possibilités, de projets à réaliser. Dieu nous propose une vision nouvelle.

À Bethléem, Dieu a été mal reçu. Luc nous dit «qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’auberge, ou dans la salle commune»… Marie et Joseph ont dû trouver une grotte ou une grange et Saint Jean écrit : «Dieu est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu» … mais il ajoute : «à ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir fils et filles de Dieu».

Il est vrai que le monde nous bouscule, que nous avons plein de choses à faire, comme les gens de Bethléem, et nous n’avons pas beaucoup de temps, pas beaucoup de place pour Dieu dans nos vies. Nous affichons souvent la pancarte «complet» à la porte de notre coeur. Tout est occupé par notre carrière, nos loisirs, nos sports, nos nombreuses activités. Mais à Noël, nous prenons une heure pour accueillir le Seigneur et pour partager notre désir de lui faire une toute petite place dans notre vie.

Pour nous, Noël, c’est plus que la fin de deux mois d’achats, c’est le début de quelque chose de neuf, c’est un nouveau départ. Le Seigneur frappe à notre porte pour que, pendant l’année qui vient, nous puissions l’accueillir à notre table et dans notre vie.

La nuit de Bethléem résonne d’une annonce merveilleuse : «Paix sur la terre à tous ceux et celles qui sont aimés de Dieu.» Tout le projet de Dieu se retrouve dans cette phrase. Et Jésus ajoute, dans l’évangile de Jean : «Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance». Le Seigneur entre dans notre monde, devient l’un de nous pour nous inviter à créer un monde meilleur, un monde de fraternité et de paix, en commençant par nos familles, notre entourage, notre lieu de travail. Dieu n’est pas tellement intéressé à ce que nous avons fait dans le passé, à nos conneries, à nos mauvais coups. Ce qui l’intéresse c’est notre avenir.

La question qui nous est posée en cette fête de Noël est la suivante : «Qu’est-ce que moi je peux faire pour que la vie soit meilleure dans ma famille, avec mes voisins et amis, au travail…?» et non seulement en ce jour de Noël mais pendant toute l’année nouvelle qui va bientôt commencer.

L’enfant de la crèche nous rappelle que le plus beau cadeau que nous puissions faire en cette nuit de Noël, ce n’est pas un gadget électronique ou un beau chandail de laine, mais bien un pardon accordé, une caresse offerte, un temps de loisir partagé, une main tendue, un sourire échangé. Nos cadeaux, cette année, pourraient avoir la simplicité de la vie, de la fraternité et de l’amour... ce qui ne nous empêche pas d’offrir aussi des cadeaux électroniques, des vêtements de sport, des jouets d’enfants, des parfums haute-gamme, etc.

En cette nuit de Noël, nous nous joignons aux milliers de communautés chrétiennes à travers le monde. Et si, à la maison, sous l’arbre de Noël, nous avons une petite crèche, nous pouvons en profiter pour expliquer aux enfants et aux petits enfants que, pour chacun de nous, cette grande fête, la plus grande de l’année, est aussi une fête religieuse, une fête où Dieu est présent.

La Bonne Nouvelle ne vient pas du marchand de jouets, mais de notre Dieu qui est venu pour nous. Il nous accompagne tout au long de notre vie. Avec Lui nous pouvons reconstruire ce qui semblait ruiné, dévasté, détruit.

Noël c’est la grande fête de la joie et de l’espérance, c’est la fête qui nous invite à accepter Dieu dans nos vies et à retrousser nos manches pour rendre notre monde meilleur.

«Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi». (Isaïe 9, 1).

Joyeux Noël à tous.