Quelques dates.....
50. Concile de Jérusalem.
1 - 96. Clément de Rome (Père de l'Eglise).
35 - 110. Ignace d'Antioche (Père de l'Eglise).
69 - 155. Polycarpe de Smyrne (Père de l'Eglise).
100. Le Didache.
103 - 165. Justin Martyre (Père de l'Eglise).
100 - 200. Irénée de Lyon (Père de l'Eglise).
140. Confession de Foi des Apôtres (Romaine).
150 - 216. Clément d'Alexandrie (Père de l'Eglise).
160 - 225. Tertullien (Père de l'Eglise).
170 - 235. Hipolyte de Rome (Père de l'Eglise).
180. Ancienne Confession de Foi Romaine.
185 - 254. Origène d'Alexandrie (Père de l'Eglise).
200 - 258. Cyprien de Carthage.
263 - 339. Eusebius de Césarée (Père de l'Eglise).
268. Synode d'Antioche.
1145. Le Pape Eugène III décrète l'autonomie du siège d'Utrecht.
Depuis 2020. L'Archevêque Primat actuel de l'Eglise Vieille Catholique au Royaume Uni est Son Excellence The Most Reverend John Lycett. The Society of Traditional Old Catholics est établie.
Le Chapitre de France est créé. Son Supérieur est The Rt. Rev. S. Burglé. Adhérents fidèles à la Sainte Tradition et à la définition de Saint Vincent de Lérins de la véritable Église catholique, et s'engageant à poursuivre la mission et l'œuvre de Mgr Mathew, et surtout, désireux de servir le Seigneur et son peuple et de travailler uniquement pour la plus grande gloire de Dieu, Nous nous sommes réunis pour établir fidèlement des provinces et des juridiction de The Society of Traditional Old Catholics.
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En l'absence d'un Archevêque, le gouvernement du Siège d'Utrecht retourna à son Chapitre. Le Chapitre d'Utrecht maintint que la Province et le Diocèse d'Utrecht, avec tous ses anciens droits canoniques, institués par l'Archevêque Rovenius (1614 -1651), était l'Ancien chapitre d'Utrecht, et possédaient tous les droits du Chapitre, incluant le droit d'élire l'Archevêque d'Utrecht. Ainsi, les derniers Archevêque depuis Vosmeer à Codde, n'étaient pas seulement Vicaires Apostoliques du Siège de Rome, mais aussi Archevêques d'Utrecht et successeurs canoniques de Saint Willibrord. Les Jésuites, qui étaient maintenant appuyé par la politique du pape, décréta que la Province d'Utrecht cessait d'exister à la date de la Réformation et que l'Eglise Catholique romaine dans la République Hollandaise était une simple mission, gouvernée par un Vicaire Apostolique, qui était nommé à la discrétion du Pape, et assujetti à la Congrégation de Propaganda Fide, où les Jésuites avaient les pleins pouvoirs.
Les différences d'orientations politiques, l'autorité ecclésiastique, les questions d'éthique et de dévotions divisèrent les deux parties de l'Eglise Catholique Romaine Hollandaise. Après l'échec de telles négociations, l'Ancienne Eglise d'Utrecht ne put que refuser d'accepter une injustice sans précédent, qu'elle savait être une étape vers sa destruction prédéterminée par les jésuites aussi bien qu'une attaque personnelle injustifiable sur son Archevêque. Aussi, sans aucune faute de sa part et contre sa volonté, en dépit de tout ce qu'elle ait pu faire pour l'empêcher, elle fut obligée de quitter la communion avec le Siège Apostolique de Rome en 1711
L’indignation publique fut sans borne et la juste cause de l’Eglise d’Utrecht fut épousée par bon nombre de cardinaux, l’Impératrice Maria Theresa, le Conseil Ecclésiatique de la Cour d’Espagne, la Cour de Naples, l’Eglise toscane, pratiquement tous les Ordres religieux, le Siège de Salzbourg, les Universités de Louvain et Sienne, une centaine de docteurs de la Sorbonne, et une très grande partie des évêques et ecclésiastiques dans toutes les parties du monde. Partout, des canonistes – même ceux du Parti Ultramontain, comme décrits plus haut, condamnèrent la suspension et la déposition de l’Archevêque d’Utrecht et la déclarèrent injuste, irrégulière et invalide, mais tout cela ne profita nullement à l’Eglise d’Utrecht contre le pouvoir de son ennemi tout-puissant qui ne visait que sa destruction. Le Pape Clément XIV était favorablement disposé à réagir, mais sa mort soudaine et suspecte, qui arriva avant qu’il puisse agir en conséquence, fut perçue à ce moment-là, comme directement en rapport avec son attitude bienveillante envers l’Eglise d’Utrecht.
Il est maintenant connu que, les procédures irrégulières contre l’Eglise d’Utrecht, basées sur des accusations qui avaient été prouvées sans réels fondement, étaient nulles et non avenues. Il en résulta que l’Eglise Vieille Catholique, était toujours restée, et reste toujours dans un constat indiscutable une partie de l’Eglise, Une, Sainte, Catholique et Apostolique. Les décrets du Deuxième Concile d’Utrecht, confirmés par l’Archevêque Meindaerts en 1763, sont un monument d’orthodoxie et de loyauté pour une foi Sainte, Catholique et Apostolique.
L’Archevêque n’exécuta aucun acte épiscopal après sa suspension en 1702. A sa mort en 1710, l’Eglise d’Utrecht se retrouva sans évêque et, cependant, sauf l’intervention de Dieu, se retrouvait incapable d’éviter son extinction. Un évêque Irlandais et quelques Evêques Français exprimèrent leur bonne volonté en y ordonnant des prêtres. Ainsi, ils pouvaient dire la Messe, dispenser les Sacrements, mais, sans évêque et sans espoir d’accéder à l’épiscopat, l’existence dans le temps de l’Eglise d’Utrecht s’avérait impossible.
En 1719, l’Evêque Dominique Marie Varlet eut l’occasion de passer par la Hollande lors de son voyage, via Paris, vers un diocèse éloigné. Le bateau sur lequel il avait embarqué fut détourné vers la Hollande à cause du mauvais temps. Le Sacrement de confirmation n’avait pas été administré en Hollande depuis vingt ans et, pris de compassion par l’état pitoyable de l’Eglise d’Utrecht, il fut sollicité d’administrer la confirmation à 604 personnes, pour la plupart, trop pauvre afin d’aller dans un autre pays pour se faire confirmer. Pour cet acte de charité, l’Evêque de Babylone fut suspendu de sa charge. Il retourna en Hollande et y resta jusqu’à sa mort en 1742. En 1724, il restaura l’Episcopat dans l’Eglise d’Utrecht en consacrant Cornelius Steenoven sur le Siège Episcopal.
En 1827, un effort fut accompli afin de restaurer l’Eglise d’Utrecht vers une communion avec le Saint Siège. Les négociations furent rendues extrêmement difficiles par le fait gênant que l’Eglise d’Utrecht était toujours restée absolument orthodoxe et, cependant, n’avait à se rétracter d’aucune erreur et aucun dogme à accepter. Il n’avait jamais été aucunement question concernant des considérations de foi et de morales entre le Saint Siège et l’Eglise d’Utrecht, mais il restait question contrariante concernant les accusations de Jansénisme. Les propositions de Jansenius, qui avaient été promulguées après sa mort par les Augustins, avaient-elles été condamnées, ou étaient-elles une invention de la part des Jésuites assoiffés de pouvoir ?
L’établissement d’une hiérarchie aux Pays-Bas par le pape Pie IX en 1853, après une lutte qui avait duré 260 ans, avait créé de grandes perturbations publiques. L’Archevêque d’Utrecht et l’Evêque d’Haarlem, en tant qu’occupants canoniques de ces sièges, protestèrent vivement contre la nouvelle hiérarchie. Ils soulignèrent que cela était contraire aux droits des Eglises d’Utrecht et de Haarlem pour installer des évêques rivaux pour des sièges qui étaient déjà occupés.
Durant la plus grande part du XIXè siècle, la lutte ente l’autorité et la liberté sévissait dans toute l’Europe. Les principes de la Révolution Française se répandaient dans les pays catholiques romains contre le principe du « marteau » à l’opposé de la Réforme. La Papauté, qui avait maintenue durant des siècles une autorité absolue dans sa forme la plus extrême, non pour être contesté, critiquée ou questionnée, était naturellement le point de ralliement pour ceux qui redoutaient ou haïssaient le libéralisme, que ce soit en religion ou en politique.
Le combat contre les idées nouvelles, par lesquelles toute l’Europe avaient été si profondément changée, eut son apogée durant le pontificat de Pie IX, dont la tentative de renforcer et de centraliser son autorité se définissait en trois points : la définition du dogme de L’immaculée Conception de Notre Dame en 1854, la promulgation du « Syllabus des Erreurs » en 1864 et la convocation du Concile du Vatican (Vatican I) en 1869.
En 1848, Mazzini et Garibaldi installèrent une République à Rome et le Pape trouva refuge à Gaeta, dans le Royaume de Naples. La République de Rome fut bientôt renversée par les Français et Pie IX fut rétabli au Vatican. Durant son exil, Pie IX avait promis à la Bienheureuse Vierge Marie que, si par ses prières elle le rétablissait sur son trône, ensuite il ne ferait plus de l’Immaculée Conception une simple doctrine de l’Eglise (qui était une doctrine toujours enseignée et conservée par la plus grande partie de l’Orient et de l’Occident), mais un dogme, que tous les Catholiques Romains devraient accepter comme nécessaire à leur Salut.
Le 8 Décembre 1854 (le jour de la fête déjà existante de la Conception de la Bienheureuse Vierge), Pie IX, de sa propre autorité et sans l’appui d’aucun Concile, sortie la Bulle « Ineffabilis Deus », dans laquelle il décréta que, « la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans la première seconde de sa conception, par un présent spécial de Dieu tout-puissant, en considération des mérites de Jésus-Christ, Sauveur de l’humanité, était préservée pure de toute tâche du péché originel , était révélée par Dieu, et qu’elle devait faire l’objet d’une foi sure et certaine de la part de tous les croyants ».
La proclamation de l’Immaculée Conception comme un dogme nécessaire au Salut fut suivie par l’anathème habituel contre tous ceux qui omettraient d’y croire sincèrement et refuseraient le dogme. Le nouveau dogme fut accueilli avec un enthousiasme débordant partout où l’enseignement des Jésuites prévalait, et la seule forme de protestation fut émise par les trois évêques de l’Eglise d’Utrecht. Ils écrivirent une lettre au Pape, en protestant contre un nouveau dogme en trois étapes. Ils expliquèrent :
Contrairement à la tradition de proclamer un dogme en dehors d’un Concile Œcuménique, les Evêques de toute l’Eglise n’avaient jamais été consultés à ce sujet. C’était un nouveau dogme, et cependant, selon Tellurien et Saint Vincent de Lérins, il ne pouvait être approuvé. En matière d’ordre, la Bulle « Ineffabalis Deus », était un tout nouveau départ et était universellement reconnue comme telle. Jamais dans l’histoire, aucun pape n’avait ajouté un nouveau dogme de foi sans un Concile.
La deuxième étape du programme fut l’Encyclique « Quanta Curia » contre les erreurs des temps modernes, à laquelle était attachée une liste ou Syllabus des Erreurs et ainsi, devenait connue comme « Syllabus des Erreurs ». Quatre-vingt erreurs de toutes sortes avaient été condamnées et divisées en dix groupes. Dans ces groupes, il y avait des propositions que n’importe quelle Eglise Chrétienne, à cette époque, aurait certainement aussi refusées. Les plus importants problèmes, soulevés par le « Syllabus des Erreurs » consistaient dans les relations entre l’Eglise et l’Etat. C’était une protestation finale contre le défi vers le cheminement apparemment invincible de la conception libérale du statut profane prôné par le slogan de Cavour : « Une Eglise libre dans un état libre ! ».
La troisième et dernière partie du programme de Pie IX était le Concile de Vatican. Depuis que le Concile de Trente avait été clos, en 1563, aucun autre Concile Général n’avait été organisé. La tâche du Concile Vatican I, ouvert par le pape en 1869 résulta en deux résolutions. La première, « De Fide Catholica », était constituée d’un mélange de chapitres et de canons sur les premières vérités de la religion naturelle, sur la révélation, sur la foi et sur le rapport entre la foi et la raison. L’autre, « De Ecclesia Christi », était principalement concernée la primauté du Siège de Rome et définissant les Papes comme ayant une autorité immédiate et une juridiction sur tous les chrétiens.
En Mai 1870, la seconde constitution dogmatique de l’Eglise, en quatre chapitres, fut présentée. Le premier définit l’institution de la Primauté apostolique du Siège de Saint Pierre, la primauté d’une juridiction propre et véritable, et pas simplement honorifique. Le Second décrétait une perpétuité de la primauté de la juridiction des pontifes Romains. Le troisième définissait la juridiction ordinaire du Pape sur toutes les Eglises, ensemble et séparément, et sur tous et chacun des prêtres, et sur les fidèles. La quatrième décrétait que le pape, lorsqu’il parlait ex-cathedra, était infaillible et que ses décisions n’étaient pas modifiables.
D’un point de vue historique, un des quatre chapitres est faux. Décréter que Saint Pierre détient la primauté de juridiction, et pas seulement honorifique, sur tous les Apôtres est contraire à l’évidence du Nouveau Testament. Le refus de la primauté juridictionnelle n’est pas un refus d’une primauté juridictionnelle honorifique que plusieurs Conciles œcuméniques et des Pères de l’Eglise ont attribué au Pape comme « premier parmi les égaux ». Le fait qu’il soit nécessaire que chaque Eglise doive être d’accord avec l’Eglise Romaine est une fausse interprétation de Saint Irénée. Que le Pape ait toujours décrété d’avoir une juridiction ordinaire immédiate sur chacun et tous les fidèles, et d’être infaillible lorsqu’il parle ex-cathedra sur la foi et la morale, est totalement contraire aux faits évidents de l’histoire. Malgré cela, ces décrets furent acceptés par le Concile en Juillet 1870.
Les effets du Concile Vatican I furent de provoquer de nouvelles défections de certains évêques de Rome. A ce moment-là, la plus grande partie, quand les Catholiques d’Europe Centrale, sous le leadership du Dr Johann Josef Ignatius von Dollinger, un professeur de théologie de l’Université de Munich, rejeta la définition des dogmes de l’infaillibilité et de la juridiction universelle du Pape. Ce groupe d’Evêques et d’Eglises furent bientôt appelés « Vieux-Catholiques » à cause de leur rejet du « nouveau Catholicisme » des dogmes du Pape, et de leur attachement en matière de foi à l’Eglise des sept premiers conciles, et à la tradition sacrée. A travers l’Europe, tous ceux qui n’acceptaient les décisions du concile Vatican I étaient excommuniés par le Pape et devenaient ainsi exclus. En 1873, l’Eglise d’Utrecht, à présent « Vieux-Catholiques » se prévalait d’un Siège.
Deux conférences furent organisées à Bonn, où Anglicans et orthodoxes furent invités à y assister. La foi, la croyance et la pratique des Eglises Vieilles-catholiques fut formulée. On confirma la décision significative, prise durant la conférence de 1875 de se départir de la tradition orientale et d’adopter le point de vue orthodoxe sur la question dogmatique du « Filioque ». Le Saint-Esprit procède et vient du Père seulement, et non du Père et du Fils. La déclaration acceptée par tous fut la suivante :
1. La Saint-Esprit vient du Père comme le commencement, la cause, la source de la Divinité.
2. Le Saint-Esprit ne vient pas du Fils, parce que dans la Divinité, il y a un commencement, une cause, à travers laquelle tout ce qui est dans la Divinité est créé.
3. Le Saint-Esprit vient du Père à travers le Fils.
4. Le Saint-Esprit est l’image du Fils, qui est l’image du Père, venant du Père et s’appuyant sur le Fils comme le pouvoir émanant de Lui.
5. Le Saint-Esprit est l’émanation personnelle du Père, appartenant au Fils, mais ne venant pas du fils, parce qu’il est l’Esprit de la bouche de la divinité, et annonce au monde.
6. Le Saint-Esprit constitue la médiation entre le Père et le fils, et est uni au Père à travers le Fils.
Le Dr Dollinger fournit un discours long et mémorable à la même conférence, dans laquelle il défendit la validité des ordinations anglicanes que l’Eglise d’Angleterre, en plus de posséder une succession historique, enseignait clairement qu’une grâce de l’Esprit-Saint était transmisse par ordination, et qu’il rejetait tout le système des Indulgences papales. La semence qui fut semé lors de cette conférence, mûrit quelques cinquante années plus tard, en 1925, lorsque l’Archevêque d’Utrecht, Mgr Kenning, représentant l’Union d’Utrecht des Eglises Vieilles-Catholiques, put écrire à l’Archevêque de Canterbury qu’il acceptait formellement les ordinations Anglicanes comme valides. La Bulle papale « Apostolicae Curiae », publiée par le Pape Léon XII en 1896, avaient déclaré les Ordres Anglicans comme « absolument nuls et totalement invalides » et que la vue de l’Eglise Catholique romaine sur les Ordres Anglicans restait inaltérée. Cela signifiait que l’Encyclique était totalement contradictoire à l’évidence. Cela signifiait que la personne qui avait rédigé cette Encyclique et l’avait faite signée par le Pape, n’avait pas non plus lu l’Ordinaire Anglican ou le Livre de la Prière Commune, ou les avait dûment lus et décidé d’ignorer volontairement et totalement l’évidence.
En Juin 1906, la Royal Commission nommé en 1904 pour enquêter sur les désordres ecclésiastiques, connue ensuite comme la « Ritual Commission », présenta son rapport qui fut suivit par la sortie des « Letters of Business ». A ce moment-là, on s’attendait discrètement que la plus grande partie des Anglo-Catholiques de l’Eglise anglicane, ensemble avec leur clergé et leurs congrégations, soient exclus de la Communion Anglicane et isolés par un Acte du Parlement. Cela conduisit à des négociations avec l’Eglise Vieille-Catholique d’Utrecht et, finalement, à l’élection à l’Episcopat d’Arnold Harris Mathew.
Arnold Harris Mathew était né le 7 Août 1852. Répondant à une vocation dans la prêtrise, il alla étudier la théologie au St Peters Theological Collège de Glasgow, dans le but d’être ordonné dans l’Eglise Episcopale Ecossaise. Cependant, en 1875, il changea ses projets, entra dans un séminaire Catholique romain et devient plus tard novice au Prieuré dominicain de Woodchester, dans le Gloucestershire, mais ne prononça pas ses vœux définitifs. Il fut ordonné prêtre en 1877à la Pro-Cathedrale Catholique de Glasgow par le Most Reverend Charles Eyre, Archevêque d’Anarzaba in partibus infidelium, vicaire général du District Ouest d’Ecosse, qui, sous la restauration de la hiérarchie d’Ecosse, devint le premier Archevêque Catholique Romain à Glasgow. Le Père Mathew fut gratifié du grade de Docteur en Divinité par le Pape Pie IX. Il continua d’exercer sa prêtrise dans l’Eglise Catholique Romaine jusqu’en 1889, quand de nombreux doutes et des problèmes le poussèrent à se retirer, et il ne les reprit plus jamais dans son obéissance à Rome.
En 1891, on l’invita à faire un essai dans le ministère Anglican et alla assister le recteur de la Paroisse the Holy Trinity de St Sloane, à Londres. Il ne fut jamais officiellement reçu dans l’Eglise d’Angleterre, ni ne quitta vraiment l’Eglise Catholique Romaine. Ceci provoqua la situation particulière d’un prêtre catholique romain officiant dans l’Eglise Anglicane. En 1892, l’Archevêque de Canterbury donna des instructions à tout le clergé ex-Romains Catholiques servant dans l’Eglise d’Angleterre de signer un document, appelé « A form of Renunciation of roman Errors ». En toute conscience, le Père Mathew ne put souscrire à cette prise de position et, devant son refus, il fut invité à rompre ses liens avec l’Eglise Anglicane.
En 1897, le Père Mathew prit contact avec le Père Richard O’ Halloran et s’intéressa au projet d’établir une Eglise Vieille-Catholique en Grande Bretagne avec son propre évêque. O’ Halloran informa Mathew qu’il était en contact avec les évêques des Eglises Vieilles-Catholiques de Hollande et d’Allemagne, et déclara que si un tel mouvement pouvait voir le jour, un bon nombre de Catholiques Romains et d’Anglo-Catholiques, le clergé comme les fidèles, se joindraient à eux. Il apparaît qu’il avait fait de des propositions similaires aux évêques hollandais. S’appuyant sur les démarches solides de O’ Halloran, le Père Mathew décida de soutenir le mouvement et, en 1908, fut élu premier Evêque Régionnaire Vieux-Catholique pour la Grande-Bretagne et l’Archevêque d’Utrecht fut invité à le consacrer à cette charge.
Le 28 Avril 1908, en la Cathédrale Sainte Gertrude d’Utrecht, Arnold Harris Mathew fut consacré Evêque Vieux-Catholique Régionnaire pour l’Irlande et la Grande-Bretagne, des mains de Geraldus Gul, Archevêque d’Utrecht, assisté par Mgr James John Van Thiel, Evêque de Haarlem, Mgr Nicholas Bartholomew Peter Spit, Evêque de Deventer, et de Mgr Joseph Demmel, Evêque de Bonn.
Bien qu’il y eut à cette époque un petit nombre de Vieux-catholiques en Angleterre, l’Evêque Mathew fut élu évêque par ceux qui attendaient déjà d’établir un clergé comme le résultat d’une action anticipée du gouvernement. Néanmoins, des conséquences importantes, incluant la réforme Tarrif, avaient surgi pour proclamer une attention particulière du gouvernement, les lettres de créances, traitant avec le rapport de la Commission des Rituels. Aucune action ne fut donc entreprise. Le résultat de tout ceci fut que ceux qui avaient pris part à l’élection de l’Evêque Mathew, et avaient ainsi aidé à assurer sa consécration, dans une mesure de précaution dans leurs propres intérêts, pouvaient rester tranquillement parmi la Communion Anglicane, quittant l’Evêque Mathew sans un nombre considérable d’adhérents. L’Evêque Mathew n’était pas du tout préparé à se retrouver dans une telle situation. Pourtant, unanimement et publiquement les évêques exonéraient l’Evêque Mathew de tous blâmes dans une lettre commune au Guardian en du 3 Juin 1908, mais refusèrent sa demande de prendre sa retraite, en insistant pour qu’il continue son activité comme les circonstances pouvaient le réclamer dans son pays.
Pour cette raison, l’Evêque Mathew continua sa tâche pour la Mission d’Angleterre aussi bien qu’il pût et, en 1909, fut édité le Missel et le rituel Vieux-Catholique, préparé pour les congrégations de langue anglaise, qui continue d’être utilisé par l’Eglise Vieille Catholique du Royaume Uni.
En septembre 1909, l’Evêque Mathew assista au congrès Vieux-Catholique à Vienne, où il fit un discours quelque peu appuyé, en soutenant la tendance conservatrice des Vieux Catholiques hollandais, en opposition avec les innovations introduites par les Vieux-Catholiques allemands et suisses concernant l’acceptation des décrets du Saint Synode de Jérusalem (1672), le Sacrement de Pénitence, l’invocation des Saints et les altérations dans la liturgie, incluant l’omission du nom du Pape dans le Canon de la Messe. Il exprima des craintes de voir une orientation du Vieux-catholicisme tendre vers le modernisme et le protestantisme, dû largement à leur association avec les Anglicans et les Luthériens, et qu’il espérait un retour aux principes traditionnels de l’Eglise d’Utrecht.
Pour un temps, les Vieux-catholiques continentaux suivaient l’Anglicanisme et le Protestantisme. Utrecht commença aussi à se départir de cette rigidité ancienne à des principes traditionnels. L’Evêque Mathew fut bien dérangé par cette situation et consulta son clergé pour savoir si le temps n’était pas venu pour les Vieux-Catholiques Britanniques de prendre leur indépendance. La plus grande partie du clergé soutint l’Evêque Mathew et, le 29 Décembre 1910, il s’en suivit une lettre pastorale intitulée : « Déclaration d’autonomie et d’indépendance ».
Brièvement résumés, les points de divergence entre les vieux-Catholiques du Continent et, les Vieux-Catholiques d’Irlande et de Grande-Bretagne étaient les suivants :
1. Certaines sections des Vieux-Catholiques continentaux avaient rejeté la doctrine des Sept Sacrements, comme définis par le Concile de Trente (1545) et le Synode de Jérusalem (1672).
2. La Confession auriculaire était optionnelle ; certains Vieux-Catholiques continentaux avaient déjà cessé totalement de la pratiquer.
3. Tous les Vieux-Catholiques, hors de l’Eglise d’Utrech, avaient supprimé l’Invocation des Saints.
4. Les nouvelles liturgies introduites étaient considérées comme inopportunes et inappropriées.
5. Le nom du pape en place avait été omis des nouvelles liturgies.
6. La messe quotidienne avait cessé d’être une pratique chez les Vieux-Catholiques continentaux.
7. Les statues et les images de Notre Seigneur et des Saints avaient été supprimés.
8. Les personnes qui étaient acceptées à la Sainte Communion, dont le respect du baptême et de l’orthodoxie comportait un doute considérable.
9. La pratique du jeûne avant la Messe avait été supprimée.
Ainsi, l’Evêque Mathew fut forcé de retirer l’Eglise Vieille-Catholique de Grande-Bretagne et d’Irlande de la Communion avec le Siège d’Utrecht afin de préserver son orthodoxie. A partir de cette date, le mouvement fut connu comme « l’Eglise Vielle Catholique, Mission d’Angleterre », mais, par suite de son autonomie, est désormais décrite comme l’Eglise Vieille-Catholique au Royaume Uni, afin de la distinguer des autres Vieux-Catholiques.
Quand il devint évident que l’Eglise établie en Grande-Bretagne voulut quitter le Siège d’Utrecht, la question de la préservation et de la continuité de l’Eglise Catholique en Grande-Bretagne prirent une importance considérable. Il apparut évident, qu’en cas de décès de l’Evêque Mathew, l’Archevêque d’Utrecht ne fournirait par un autre évêque à l’Eglise de Grande-Bretagne, pas seulement à cause de sa petite structure, mais aussi à cause de ses incontournables divergences en matière de foi qui étaient apparues entre elle et le Siège d’Utrecht. Ainsi, il s’avérait indésirable, sinon impossible d’être placé dans la position d’avoir à chercher l’épiscopat d’une provenance qui était désormais teintée d’hérésie. Il était donc impératif pour l’Evêque Mathew de consacrer un ou plusieurs évêques afin d’assurer la possession de l’Episcopat et de la Succession apostolique, sans lesquelles l’Eglise Anglaise ne pourrait continuer à exister. Aussi, le 7 Janvier 1911, Mgr Mathew consacra à l’Episcopat l’Archidiacre Francis Herbert Bacon, le Chanoine Cuthbert Francis Hinton, le Père William Edmond Scott-Hall et le Père Frederik Clement Christie Egerton. Après les consécrations, un Synode Episcopal fut organisé au cours duquel l’Evêque Mathew fut unanimement élu Archevêque Vieux-Catholique de Grande Bretagne et d’Irlande, prenant le titre d’Archevêque de Londres.
En son temps, l’Archevêque Mathew avait été en contact avec un groupe de personnalités importantes qui étaient intéressées d’étendre l’influence de l’Eglise Orthodoxe d’Orient en Europe Occidentale. Le 5 Août 1911, une conférence eut lieu à Bredon’s Norton, Worcestershire, où assistaient entre autres, Mgr Gerassumoss Messarra, Prince-Archevêque de Beirouth, Légat de l’Eglise Orthodoxe Grecque, le Patriarche d’Antioche et l’Archevêque Mathew. Après une discussion longue et fructueuse, il fut admis que la Foi de l’entité Vieille-Catholique romaine sous l’autorité de l’Archevêque Mathew était en plein accord avec l’Eglise Orthodoxe d’Orient. C’est ainsi que le Prince-Archevêque d’Antioche reçut solennellement l’Archevêque Mathew et son Rite au sein du Patriarcat Orthodoxe d’Antioche et l’Archevêque Mathew fit serment de fidélité au Patriarche. Plus tard, le 26 Février 1912, Sa Sainteté Photos, Pape et patriarche d’Alexandrie, accepta aussi cette union. Ces Actes d’Union ne furent jamais répudiés par aucune des deux Eglises.
† Semper Fidelis †